les lectures d’Histoire du Catharisme magazine n°2

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brenonautier.jpgLe dernier des cathares. Pèire Autier, Anne Brenon, Perrin, 2006, 22,50 €, DIS 70

Par ce récit d’un destin hors du commun, celui de Pierre Autier, Anne Brenon témoigne du parcours d’un homme animé d’une foi intense et d’une grande dignité trouvant toujours assez de force pour rassembler hommes et femmes sur sa route. Lorsque l’Inquisition entreprend d’éliminer toute trace des Bons Hommes en Occitanie, Pierre, important notaire d’Ax et proche du comte de Foix, abandonne alors son étude et la vallée de l’Ariège pour la clandestinité, à la recherche de l’Église cathare languedocienne en exil en Italie. De retour dans le Midi, il sillonne avec quelques compagnons le Toulousain, les vallées de l’Aude et de l’Ariège, les montagnes du Sabarthès et du Pays d’Alion et entreprend de reconstruire une dernière Église cathare. L’auteur évoque avec passion le voyage vers l’inéluctable entrepris par ce dernier hérétique condamné au bûcher par l’inquisition pontificale. On a donc d’autant plus de mal à la suivre quand elle ponctue son récit de la notion pour le moins ambiguë et anachronique d’une « génétique hérétique ».

 

hancke1.jpgGwendoline Hancke, L’hérésie en héritage. Familles de la noblesse occitane dans l’Histoire du XIIe au début du XIVe siècle : un destin commun, La Louve Éditions, 2006, 24 €, DIS 73

Dans ce deuxième volet d’une recherche commencée autour du thème des « Femmes en Languedoc », Gwendoline Hancke nous invite à dépasser le cercle étroit des femmes nobles partagées entre catharisme et catholicisme pour s’attacher au destin de leurs familles entières. L’auteur nous présente dix-sept lignages méridionaux des XIIIe et XIVe siècles, plus ou moins prestigieux et essentiellement ruraux, parmi les mieux documentés à travers l’exploration des registres de l’Inquisition méridionale et divers recoupements avec d’autres sources religieuses et diplomatiques contemporaines. Les membres de ces familles ont tous comme point commun d’avoir peu ou prou adhéré à la dissidence. On suit leur destin avant, pendant et après la Croisade albigeoise puis face à l’Inquisition. Un livre intéressant qui jette un éclairage sur une partie de l’espace social de la dissidence mais qui cependant ne peut prétendre à refléter le comportement religieux de toute la noblesse occitane méridionale, noblesse demeurée, autant qu’on puisse le savoir à ce jour, majoritairement catholique. Il reste donc difficile de tirer une conclusion générale de l’analyse de ces cas si particuliers.

histinq.jpgPeter Godman, Histoire secrète de l’Inquisition. De Paul III à Jean-Paul II, Perrin, 2007, 21 €, DIS 75
Abstraction faite du titre qui peut prêter à confusion – il n’est pas question ici d’une histoire générale de l’Inquisition à travers le prisme de quelques dossiers tenus volontairement secrets par l’institution ni de révélations tapageuses sur les manœuvres du Saint-Office pour cacher une quelconque «Vérité» – le projet de cet ouvrage est vaste. Il explore, sur cinq siècles, le fonctionnement de l’Inquisition « romaine », une institution réorganisée à Rome sous le nom de Saint-Office pour primer, selon le vœu du pape Paul III, sur toutes les autres instances de la Curie. Elle sera rénovée pour faire face au défi du protestantisme et des idées nouvelles touchant bientôt à tous les aspects de la vie religieuse, sociale et intellectuelle italienne. Avec un louable effort de vulgarisation, l’historien Peter Godman s’intéresse aux rouages de l’institution. Dès le premier chapitre, il introduit le lecteur dans l’esprit des juges : comment pensaient-ils ? Étaient-ils réellement les cyniques que l’on imagine ? Usaient-ils de la torture ou non ? Quelle était exactement la procédure et comment les accusations étaient-elles hiérarchisées ? Les réponses de Godman, fondées sur les notes des juges eux-mêmes, apportent des réponses inattendues. L’identité des victimes n’est pas moins surprenante : il s’agissait souvent, en effet, de personnages importants du clergé, papes, cardinaux dont Godman cite de nombreux exemples. Quant aux inquisiteurs, l’auteur analyse leurs motivations, leur fonctionnement, leurs méthodes, leurs buts. J’en tairai le nom pour vous donner envie de lire ce livre. Enfin, Peter Godman soulève la question de la reconnaissance des « erreurs commises par les membres de l’Église », et confronte ses conclusions à celles de Jean-Paul II – ce ne sont pas forcément les mêmes.

manuelinq.jpgBernard Gui, G. Mollat éd. et trad., Le Manuel de l’Inquisiteur, Les Belles Lettres, 2006, 35 €, DIS 74

Qu’était réellement l’Inquisition ? Comment fonctionnait-elle ? Et pourquoi ? Dans son Manuel de l’Inquisiteur, le dominicain Bernard Gui (1261-1331) fournit toutes les réponses qui permettent de comprendre la réalité médiévale de cette institution. Le 16 janvier 1307, ses supérieurs dominicains lui confient la charge d’inquisiteur au siège de Toulouse. Il la remplira pendant dix-sept ans. Il entendra environ 650 prévenus d’hérésie, prononcera une dizaine de sermons et rendra quelques 536 sentences (elles-mêmes éditées au éditions du CNRS par Annette Pallès-Gobilliard en 2004). Dans les dernières années de sa charge, il entame la rédaction d’un important ouvrage, La Pratique Inquisitoriale (Practica Inquisitionis heretice pravitatis) que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Manuel de l’Inquisition. Destiné à ses confrères inquisiteurs, Bernard Gui y consigne les règles pratiques de l’Inquisi­tion et donne des conseils pour lutter efficacement contre toutes les sortes d’hérétiques qu’ils sont susceptibles de rencontrer. Document historique d’une importance fondamentale, jamais réédité depuis les années 1960, cette réédition du texte en latin et français est indispensable à la bibliothèque « cathare » de l’honnête homme.

rituel.jpgChristine Thouzellier intr. texte critique, trad. et notes, Rituel cathare, Éditions du Cerf, 2006, 59 €, DIS 71

Trois rituels cathares sont parvenus jusqu’à nous : l’un dit de Lyon est rédigé en langue d’oc ; un autre lui-aussi rédigé en occitan a été découvert à Dublin, le troisième, celui-ci conservé à Florence, est rédigé en latin et contenu dans le même manuscrit que le Livre des deux principes. C’est ce rituel que rééditent aujourd’hui, à l’occasion de leur centenaire, les Éditions du Cerf, dans leur belle collection des Sources Chrétiennes, toujours en version latine et traduction française, précédées de l’introduction et des commentaires originaux de Christine Thouzellier en 1977. Document fondamental, découvert en 1939, ce rituel est indispensable pour qui veut comprendre la liturgie cathare et le rôle sacramentel du consolament, ce baptême par imposition des mains et geste de rémission des péchés, pivot de l’Église cathare. Si les conclusions de Christine Thouzellier ont pu être depuis discutées par d’autres spécialistes du catharisme, cette édition méritait bien une réimpression. On regrettera cependant le prix in quarto de ce reprint format poche.

 


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