Les lectures d’Histoire du Catharisme magazine n°3

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troubadouralchi.jpgLuis Racionero, Geneviève Rozental trad., Le troubadour alchimiste, Éditions Mazarine, 2007, 20 €, FICT 44.
Luis Racionero a dirigé la Bibliothèque nationale d’Espagne jusqu’en 2004. Son roman s’en ressent. Il souffre d’une maladie habituelle dans le genre du roman historique : le syndrome du trop-plein ou du trop-documenté. À trop vouloir rehausser l’image déjà colorée de Raymond Lulle, a trop vouloir le faire rencontrer les plus grands intellectuels de son temps, a trop vouloir démontrer qu’il fut le penseur absolu, l’esthète ultime, le rassembleur des cultures et des pensées d’alors, on en perd le goût de la lecture. Au final, on ne sait pas si Racionero fait assaut d’érudition ou si son amour immodéré pour Lulle l’a poussé à enfermer l’homme dans le cercueil de cristal de son histoire. La quinzaine de pages de notes en fin du “roman” a fini de me convaincre que l’auteur connaissait son sujet, certes. Mais où est le roman ? Si vous aimez Ramon Lull, lisez-le. C’est même une excellente entrée en matière. Si vous aimez lire, passez à autre chose.

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André Larceneux, Le Carré et la Cendre, Éditions Normant, 2006, 18,50 €, FICT 45.

Au XIIe siècle, quatre moines, quittant l’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou saccagée et incendiée, vont, au mépris des dangers, fonder sur les principes d’une géométrie secrète les principaux monastères du Midi. Ce roman est une curiosité. André Larceneux connaît son catharisme et l’histoire médiévale méridionale sur le bout des doigts. Il est évidemment grand connaisseur des romans noirs et grand lecteur de romans tout court. Sa plume est fluide, sans artifices, sans maniérisme. Il la met au service d’une intrigue hermétique bien au goût du jour. En fait, il ravive les hypothèses un rien ésotériques qui courent sur les architectures sacrées des monuments emblématiques de l’histoire régionale. L’originalité tient surtout dans l’espace géographique concerné par cette architecture symbolique et dans son rôle. L’architecte en est le narrateur, témoin et acteur d’un mystère dissimulé dans les pierres et les paysages. Si ce n’était une fiction, l’idée du “Carré sacré” au cœur de ce livre renverrait immanquablement à tous les autres pseudo-mystères de bâtisseurs. Mais il y a en plus un climat, une poésie, un charme. Comme l’écrit l’auteur lui-même : « Il est donc possible de se laisser convaincre… ».

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Monographies du Pays Cathare

Nouvelles éditions, remaniées, actualisées dans leurs contenus et relookées, des plaquettes monographiques sur chacun des sites emblématiques du Pays cathare. On doit ce revival à l’Association des Sites du Pays Cathare et au Centre d’Archéologie Médiévale du Languedoc. Les deux premiers titres de la collection concernent Quéribus et Peyrepertuse. L’essentiel à tout petit prix (5 €) et dans un petit format aisé à emporter lors d’une visite.

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Réédition
Chez Ouest-France de Comprendre la tragédie des cathares, textes de Claude Lebédel et photographies de Catherine Bibollet. Très didactique, cette nouvelle livraison fait partie des quelques excellents manuels de vulgarisation dis­ponibles aujourd’hui dans le vaste marché de la librairie touristique “cathare”.

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Michel Roquebert, L’Épopée cathare, t. 3 : Le lys et la croix 1216-1229, t. 4 : Mourir à Montségur 1230-1244, Perrin (coll. Tempus), 2007, 12 € chaque tome, DIS 77 T3 ; DIS 77 T4.

Les tomes 3 (Le Lys et la Croix 1216-1229) et 4 (Mourir à Montségur 1230-1244) de L’Épopée cathare de Michel Roquebert, initialement parus en 1986 et 1989 chez Privat, puis rassemblés, en 2001, en un coffret de deux gros volumes chez Perrin, viennent d’être réédités dans la belle, intelligente et très pratique collection Tempus (n° 171 et 172). On attendra le tome 5 (La fin des amis de Dieu 1244-1321) pour disposer, enfin, de toute L’Épopée en poche. On a déjà tout dit sur la clarté du texte, sur la générosité du style, sur l’imposante bibliographie (ici réactualisée jusqu’en 2007), sur l’exhaustivité des informations, sur les index précieux, sur les notes fouillées et non moins précieuses, sur les généalogies, plans et chronologies enfin. On appréciera le confort à la lecture de ce format et son petit prix (12€), rendant cette fresque un peu mieux et toujours plus accessible. Il n’existe plus aucune raison valable pour ne pas posséder L’Épopée cathare dans sa bibliothèque.


febus.jpg Claudine Pailhès, Gaston Fébus. Le Prince et le diable, Perrin, 2007, 22,50 €, MA 106.

« Gaston Fébus aura eu toutes les gloires de son vivant : celle du prince, celle du chef de guerre, celle du seigneur justicier, la gloire chantée des musiciens et des poètes, la gloire écrite des chroniqueurs, la gloire des légendes lumineuses célébrées dans les églises et celle des légendes noires “dont certains parlent en se­cret”, la gloire même d’une voix de Dieu. »
Claudine Pailhès est tombée sous le charme du Comte Soleil. Elle en dresse un portrait complet, complexe, fouillé, sans complaisance. Son style est souple, agréable, ose la formule, le trait. Un index abondant, une bibliographie et des notes donnent à cet ouvrage une forte dimension critique. On se souvient de la biographie de Fébus écrite par Tucoo-Chala et parue en 1991 (ainsi que des portraits qu’il en avait faits dans plusieurs revues de vulgarisation). Nul doute qu’on se souviendra de celle-ci. Un regret cependant : la qualité du papier, désagréable au toucher et le prix (22, 50 €). On peut attendre l’édition dans la collection Tempus ; ce qui ne saurait tarder.

voixfemmes.jpg Danielle Régnier-Bohler dir., Voix de femmes aux Moyen Âge. Savoir, mystique, poésie, amour, sorcellerie. XIIe-XVe siècle, Éd. Laffont, 2006, 30 €, MA 107.

Ce volume recueille l’écho des voix des femmes du Moyen Âge, du XIIe au XVe siècle. Il éclaire la condition féminine dans une période où les femmes semblent trop souvent muettes.

Dominique Barthélémy, La Chevalerie, Fayard, 2007, 26 €, MA 108.

Attention, livre majeur ! Avec son talent d’essayiste, Dominique Barthélémy gomme l’image d’Epinal du chevalier pour y substituer une réalité plus nuancée. Il englobe dans son étude des sources et des épisodes méridionaux, comme l’adoubement d’Amaury de Montfort à Castelnaudary. Mais c’est surtout la filiation qu’il installe depuis les guerriers barbares jusqu’aux chevaliers du XIIe siècle qui prête le plus à réfléchir sur l’ensemble des évolutions lentes qui mènent à un tournant, celui d’une “mutation chevaleresque” des années 1100 en France. Quelles réalités subsistent derrière l’image stylisée d’une “chevalerie classique” ? Cet essai brillant vous les fera découvrir.

 


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