Les lectures d’Histoire du Catharisme magazine n°6

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mazametmemoire.jpgÉcrire l’histoire d’une hérésie, Actes du colloque Mémoire du catharisme
(12-13 mai 2007), Association de Valorisation du Patrimoine Mazamétain, 2008, 20 €, DIS 85.

Tous les amis proches d’Anne Brenon ont été rassemblés, en 2007, pour un colloque dont l’enjeu implicite contenu dans le titre aurait dû transparaître dans ses actes. Les contributions des auteurs, prises séparément, n’apportent pas de nouveautés sensibles, mis à part celle d’Enrico Riparelli sur Jésus-Christ dans les rituels cathares. L’architecture collective de l’ouvrage n’apporte rien de plus. L’absence d’une introduction, présentant une véritable problématique, tout comme l’absence d’une conclusion synthétique, qui aurait pu mesurer si le pari avait été atteint et quels chantiers pour l’avenir avaient été ouverts, désorientent. Enfin, une très laide édition, faite à la va-vite et pourtant fort chère (20 €), renforce une impression générale d’amateurisme. On nous avait habitués à mieux.

 

roitransparent.jpgRosa Montero, Myriam Chirousse trad. de l’espagnol, Le roi transparent, Éd. Métailié, 2008, 22,50 €, FICT 48. Historia del Rey Transparente, Rosa Montero éd., 2005.

Ce roman est manifestement né d’une passion sincère pour le monde médiéval, mais il semble plutôt surgir spontanément de l’univers des romans fantastiques ou d’aventure. Il prétend – c’est l’auteur qui le dit dans sa postface – refléter le double processus médiéval d’un rêve de progrès (celui d’une société courtoise) et d’un terrible cauchemar religieux réprimant toute modernité. Assumant ses licences, son “achronie” littéraire, l’auteur décrit un monde aussi lointain et étonnant qu’une planète extraterrestre où les femmes deviendraient chevaliers, sauraient lire et écrire et mourraient en s’endormant pour rejoindre Avalon et le roi Arthur. On y rencontre les cathares, que la romancière appelle également Bons hommes et Bonnes femmes, Simon de Montfort et Montségur dans les dernières heures de son drame. Tout sert un propos convaincu de ce que la pâte du Moyen Âge poussait doucement, travaillée par les levains de la démocratie, de la liberté et d’un certain féminisme.
Un roman foisonnant, un rien baroque, plaisant, un joli moment de littérature européenne qu’il faut vite aller chiner dans les rayons de littérature étrangère de quelques rares bons libraires, ou chez nous.

nicetas.jpgJean-Pierre Castelain, Le manuscrit de Nicétas, Éd. Singulières, 2007, 25 €, FICT 49.

Jean-Pierre Castelain a beaucoup lu et relu les historiens, trop sans doute pour s’extraire du carcan de la donnée historique fiable et s’évader réellement dans les terres ouvertes de la fiction. C’est pourtant ce que l’on demande à un romancier. La précision du genre romanesque dans le titre ne change rien à l’affaire et les quelques notes de bas de page s’acharnent à vouloir à toute force faire rentrerl’imaginaire et le vécu des personnages dans une chronologie certifiée conforme. Aucun des personnages n’échappe à son modèle historique, aucune action, aucun lieu qui ne soit balisé, borné par le déjà-dit, déjà-vu, déjà-lu. Le tout est un cours d’histoire, un roman (?) adolescent trop sage, un décalque trop prudent des événements réels, une fiction trop nourrie d’un réalisme qui l’empèse et la grime pour en faire un livre “en costume d’époque”. Cette surabondance de véracité est un piège car, alors, la moindre licence littéraire sera lue comme une erreur, comme un affront à l’Histoire ou pourra se faire preuve de l’inculture supposée de l’auteur – que penser par exemple des cathares chantant le Veni Creator en se jetant dans les flammes du bûcher de Montségur, page 407 ? Aujourd’hui, cette prudence documentaire est peut-être un talent. Elle aurait interdit autrefois à Napoléon Peyrat, Frédéric Soulié, Eugène Sue ou Zoé Oldenbourg de ne rien écrire sur le sujet susceptible d’exalter un peu leurs lecteurs.

hanckeinq.jpgGwendoline Hancke, L’amour, la sexualité et l’Inquisition : les expressions de l’amour dans les registres d’Inquisition (XIIIe-XIVe siècles), La Louve Éditions, 2007, 25 €, DIS 84.

Le filon principal pros-pecté par Jean Duvernoy, je veux dire le Registre d’Inquisition de Jacques Fournier, et les veines secondaires que sont les autres registres, complets ou partiels, des enquêtes inquisitoriales méridionales semblent inépuisables. Mais il faut dire que leurs prospecteurs méticuleux sont peu nombreux. Gwendoline Hancke fait assurément partie de ceux-là. Elle nous livre, dans cette nouvelle exploration particulière de ces sources méridionales si spécifiques, des tranches de la vie intime des témoins convoqués devant l’Inquisition. La quatrième de couverture, un peu ronflante, doit être oubliée au profit de la découverte, souvent étonnante, de la liberté avec laquelle, finalement, dans un espace discursif pourtant largement contraint, tendresse, vie de couple, mariage, amour, amitié et sexualité s’invitent aux marges des préoccupations religieuses des inquisiteurs. On aurait souhaité disposer de plus d’informations sur la norme d’une sexualité comprise dans l’espace chrétien en général, avant d’aborder un contexte religieux particulier qui, dans ce livre, n’est intéressant que parce qu’il a créé les conditions nécessaires à de minutieuses enquêtes. De même, une approche plus fine de la notion, centrale, de la chasteté, de cette fascination de la pureté que l’on trouve au cœur de toutes les religions du Livre, aurait sans doute donné plus de profondeur aux témoignages, en les éclairant depuis l’origine religieuse des témoins. Les premiers polémistes catholiques décrivaient les cérémonies orgiaques auxquelles se livraient les hérétiques dans une caricature tendant à les rendre les plus odieux possible. Pourtant cette suspicion n’apparaît pas dans les questions des inquisiteurs qui préfèrent traquer le “péché” quotidien qu’est l’abandon naturel à une sexualité “hors mariage”. Pourquoi ? Face à la multitude d’expériences sexuelles relatées par des croyants supposés, on ne lit rien de la continence obsessionnelle des Bons chrétiens et des Bonnes chrétiennes. Leur horreur de la chair n’est pas non plus mise en question. La “déviance” comportementale sexuelle d’avec la “norme” d’une sexualité autorisée s’apprécie aussi grâce à la compréhension d’un univers
culturel largement symbolique qui n’est ici que très peu abordé. Cela peut conduire à donner l’impression sotte d’une population prisonnière d’une sexualité largement imposée, même dans ses prétendues libertés, par un environnement social où le sentiment érotique, le jeu, le plaisir auraient cédé leur place à l’assouvissement d’un désir simplement charnel et où les coutumes, les tabous, l’impensable ou le transgressif seraient en entier délimités par la notion chrétienne de “péché”. Gwendoline Hancke le reconnaît dans ses dernières pages en soulignant elle-même la fragilité des sources qu’elle explore. D’intéressantes questions de nature anthropologique restent en suspens, questions pour lesquelles les documents choisis par l’auteur sont rarement bavards.

Philippe Satgé, Jean Soulet, La cité de Carcassonne au cœur de l’histoire, CRDP Académie de Montpellier, 2007, 20 €, MED 16.

L’Éducation nationale propose un DVD sur la Cité de Carcassonne : 170 mn pour 2000 ans d’histoire. L’arborescence, bien structurée, permet une navigation facile. Malgré un propos largement linéaire, l’ensemble ne peut être visionné d’une traite. Les chapitres durent dix minutes en moyenne et s’accompagnent d’un propos clair, quelquefois savant, presque académique. L’utilisation de frises chronologiques permettra à un jeune public de se repérer dans le temps. Les cartes, nombreuses, sont malheureusement parasitées par des incrustations qui les rendent moins lisibles. Saluons la prestation de Jean Blanc dans le chapitre sur la basilique Saint-Nazaire. Son exposé précis ravira même les plus instruits. Un livret et un plan complètent le DVD. Bravo pour ce document pédagogique qui permettra, même aux habitants de Carcassonne, de mieux apprécier leur patrimoine.

 


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