Les Cathares, des Talibans en puissance ?

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Jacques Le Goff, célébrissime historien médiéviste, rend une sentence expéditive au procès historique des cathares.
Lisez son interview « Des gens savants véhiculent des idées fausses » dans le Figaro. fr Livres (en cliquant ici) et donnez-nous votre avis sur cette formule pour le moins lapidaire.

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13 commentaires

  1. Nadine Ribas dit :

    Bonjour à tous,
    De prime abord, ses paroles prêtent à sourire … ensuite une interrogation : ce Monsieur est-il vraiment historien ?
     » vérité, authenticité, objectivité … » que de beaux mots
    malheureusement, dépourvus de sens dans cet article.
    Nadine

  2. Garric dit :

    Bonjour
    Un premier commentaire sur l’interview de Jacques Le Goff.

    Je pense que ce monsieur soigne les lecteurs du Figaro (presse catholique de droite)en les prenant dans « le sens du poil ».D’aucuns expliquent que l’Eglise revient à plus de dureté doctrinale!!!

    C’est bien la première fois que je vois quelqu’un exprimer l’idée que les Cathares avaient une vision violente et rigide.
    Et dite par un historien qui énonce ses idées sans fait pour les étayer, est pour le moins facile et peu digne de ce statut d’historien.

    cordialement

  3. Michel Roquebert dit :

    Jacques Le Goff a tout à fait raison : il arrive que des gens savants véhiculent des idées fausses. Mais il aurait pu ajouter : il arrive que des gens intelligents écrivent des sottises…
    Et ce n’est malheureusemzent pas la première qu’il commet sur les cathares, quand il les compare aux talibans…
    Dans « La civilisation de l’Occident médiéval » (1967) il a écrit p. 387 : « Les parfaits cathares ne devaient pas travailler », propos dont il est aisé de tirer des conclusions sur le caractère antisocial du catharisme et sur son « nihilisme » (Sic !)… Erreur qui fausse radicalemernt la compréhension de la sociologie du catharisme. Douais avait signalé dès 1879 le travail des parfaits et des parfaites, puis, avec plus de précision, Guiraud en 1907 (« Cartulaire de Notre Dame de Prouille », tome I). La nécessité du travail manuel et sa signification évangélique furent entrevues par Borst (« Die Katharer », 1953), puis définitivement explicitées et étudiées par Duvernoy (Actes du colloque de Toulouse, Annales de l’Institut d’Etudes occitanes, 1953, et dans « Le catharisme : la religion des cathares », Privat 1976, p. 248).
    Le Goff commet le même type d’erreur en attribuant aux cathares on ne sait quel prosélytisme de type intégriste qui n’aurait pas reculé devant l’emploi de la violence ! Quand on connaît d’un peu près la société cathare et son histoire, cela paraît complètement absurde.
    Mais c’est hélas le lot de bien des historiens, aussi prestigieux soient-ils, d’avoir parfois sur tel ou tel sujet qu’ils n’ont pas regardé de très près (on ne peut pas tout étudier ni tout savoir !)des a priori qu’ils ne leur vient pas à l’esprit de mettre à l’épreuve de la vérification.
    C’est dommage.
    Michel Roquebert

  4. J.m.grenouiller dit :

    Je ne sais pas comment le redacteur de cet article à redigé son papier.
    mais il y a contradiction de mr Le Goff, dans le chapitre suivant ou il dit qu’il n’aime pas juger

    ***Personnellement, je n’aime pas juger. Je me souviens de la phrase de saint Paul : « Ne jugez pas. » Mais il faut expliquer, et pour cela connaître la sensibilité des hommes et des femmes de l’époque concernée.****

    il y qq chose qui m’échappe
    comparer les cathares au talibans alors que ceux-ci étaient des non violents
    il me semble que je ne lirais plus les livres de mr Le Goff de la même façon.
    grenouiller jean marc

  5. Alain Manassian dit :

    Je suis surpris par ce genre d’article.
    Titre : « Des gens savants véhiculent des idées fausses ».
    Et c’est exactement ce que fait M. le Goff.
    En plus, il ne démontre pas que l’historien est concurrencé par le fabuliste puisqu’il joue les deux rôles.

    Avec les Cathares, aurait triomphé un christianisme violent et rigide. J’ai plutôt l’impression que c’est ce qui les a vaincu.

    L’historien a pour mission de se fonder sur des documents authentiques, quels sont-ils dans ce cas ?

  6. Christophe Xerri dit :

    Bonjour,
    je dois tout d’abord avouer mon ignorance quant aux travaux de Mr Le Goff et à sa renommée.
    Mon propos d’amateur se limitera donc tout d’abord à l’expression d’une vigilance vis à vis des résumés ou des formules qu’il nous arrive tous d’utiliser et qui immanquablement déforment ou tronquent le sens. Un historien devrait, par formation au moins, y être particulièrement attentif.
    Je ne suis par ailleurs pas convaincu que l’histoire soit matière à comparaison d’un lieu ou d’une époque à l’autre tant les déterminants me paraissent nombreux.
    Enfin, je pense que les connaissances déjà acquises et celles restant encore à acquérir doivent inciter à la modestie et au respect, principes qui me semblent guider les travaux du Centre René Nelli.

  7. Joëlle Hureau dit :

    Chers amis du CEC,
    une lecture attentive de l’interview de jacques Le Goff montre que sa sentence au sujet des cathares (“C’était des talibans en puissance”) est moins expéditive qu’il n’y paraît au premier abord.
    Il faut replacer cette conclusion dans son contexte, c’est-à-dire la réponse faite par l’historien à la question du journaliste du Figaro littéraire. Cette question porte sur les rapports entre les cathares et l’imaginaire, ou du moins les représentations que suscite l’imaginaire : “Une véritable obsession s’attache à certains phénomènes, celui des Cathares par exemple. Est-ce parce qu’ils nourrissent la fantasmagorie ?”
    Ce que dit Jacques Le Goff sur les représentations imaginaires relatives aux cathares me semble fondé.
    N’avons-nous pas souvent l’occasion de vérifier que l’imaginaire – auquel j’ajouterais l’affectivité – tend à exagérer “le nombre et l’importance” des cathares, rapportés à l’ensemble des phénomènes observables dans les mêmes lieux et à la même époque ? N’observons-nous pas aussi une certaine propension à les magnifier ?
    Si Jacques Le Goff se “ félicite” de la défaite des cathares, ou plutôt de la défaite de ceux qui prenaient leur défense, c’est dans la perspective de ce que leur éventuelle victoire aurait pu signifier. : celle d’un christianisme sinon “violent”, au moins “rigide”.
    En effet, le catharisme n’a pas eu comme bien d’autres religions l’occasion de se trouver en position dominante. Pensons à la violence de toutes les autres formes de christianisme, chaque fois qu’elles ont été hégémoniques, et au “totalitarisme”, assorti parfois de “ terrorisme”, qu’elles ont, dans ce cas, exercé. Les termes entre guillemets sont certes anachroniques, mais les exemples d’extrême intolérance chez les chrétiens de tous bords ne manquent pas.
    Le catharisme triomphant était-il susceptible d’échapper à cette intolérance ? On ne peut le savoir. Mais, dans le cas contraire, on peut imaginer – j’emploie sciemment ce verbe – qu’il aurait engendré une société “talibanesque” (autre anachronisme assorti d’un néologisme), car, comment désigner autrement une société angélique dont la fornication et les plaisirs de la table auraient été bannis ? Certes, les cathares n’ont jamais eu de telles exigences à l’égard de leurs adeptes, mais, minoritaires, ils ne pouvaient guère se le permettre.
    Tout cela repose sur des suppositions, mais il en va de même pour certaines idéalisations du catharisme, de la douceur de vivre de la société méridionale dans laquelle il s’était épanoui, de l’édification d’un autre type d’état sous l’égide du comte de Barcelone et/ou du roi d’Aragon et du paradis perdu par la faute des événements historiques.
    Or, même si les certitudes en matière historique sont rares et fragiles, ce n’est pas à partir de suppositions qu’on écrit l’histoire, et c’est peut-être le principal travers du “C’était des talibans en puissance” de Jacques Le Goff. Mais c’est aussi le piège et le défaut du type d’interview à laquelle il s’est prêté. Que celle ou celui qui ne s’y est jamais laissé prendre lui jette la première pierre (talibanisme oblige!).

  8. Gérard Garric dit :

    bonjour à tous et plus particulièrement à Joëlle Hureau
    Je suis un peu surpris de cette brillante démonstration de laquelle je retire qu’avec beaucoup de « SI », il serait envisageable que Jacques Le Goff ait raison. Éventualité possible ou pas, je ne suis pas sur que la rigueur historique permette d’utiliser ce type de réflexion pour arriver à des conclusions aussi brutales. Une fois encore, rien dans l’existant connu des Cathares ne permet d’envisager de telles hypothèses.
    Par ailleurs, la carrière de Jacques Le Goff (je viens de consulter Wikipédia) me laisse « bigrement » douter qu’il se soit fait piéger comme un débutant à sa première interview. Tout au plus l’envie de faire une belle phrase et dans ce cas il a réussi!!!

  9. jean Claude Soulassol dit :

    Bonjour,
    Jacques Le Goff est un très grand médiéviste, personne ne peut le nier .
    Ceci dit, de trois choses l’une:
    1) Jacques Le Goff ignore tout des cathares.
    2) Jacques Le Goff ignore tout des Talibans.
    3) Jacques Le Goff ignore tout des Cathares ET des Talibans.
    J’opterai pour la 3ème hypothèse.
    D’autre part, j’ai beaucoup de mal à imaginer Guilhabert de Castres, la kalachnikov en bandoulière et le gourdin à la main, en train de faire respecter la « charia » cathare dans les rues de Carcassonne, pas plus que je ne vois Blanche de Laurac avec une ceinture d’explosifs autour de la taille.
    Comment peut on envisager d’imposer la non violence par la violence !

  10. Georges Labouysse dit :

    Comme la plupart de celles et ceux qui ont lu ce jugement stupide de Mr. Le Goff sur les Cathares, j’ai été « estomaqué » de son manque de connaissance élémentaire sur la doctrine, sur l’esprit de non-violence, sur la vie quotidienne des « bons hommes » et des « bonnes femmes » comme sur la société médiévale en Occitanie.
    Il faut conseiller à Mr. Le Goff de se renseigner aux bonnes sources et de lire en particulier les archives de l’Inquisition « dans le texte original » ou tout au moins dans leur traduction en français par Jean Duvernoy…
    Mais je ne suis pas tout à fait surpris de ces propos de la part d’un « historien célébrissime » qui fait partie de cet ensemble des « historiens » officiels, chargés de maintenir les légendes véhiculées par nos manuels scolaires primaires pour le plus grand bien d’une France « une et indivisible » éternelle lumière de l’Univers…
    Et à la veille du 8° centenaire de la « Croisade contre les Albigeois » suivie de l’annexion du Comté de Toulouse par la monarchie française, il ne faut pas être surpris des prises de position souvent ridicules des « révisionnistes » de tout poil qui ont facilement accès aux médias.
    Même les matchs de rugby ne sont pas épargnés: voyez le match du stade toulousain contre le stade de France que celui-ci plaça sous l’égide de Blanche de Castille et de la Fleur de Lys samedi 25 octobre… Mais manque « de pot » pour Mr. Le Goff c’est Toulouse qui l’emporta!…

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